L’activité sur les aéroports territoriaux en baisse en 2016

L'activité sur les aéroports territoriaux en baisse en 2016
PAPEETE, le 23 mars 2017. Le nombre de passagers d’Air Tahiti a progressé en 2016 (+3.7%) mais la fréquentation est inégale selon les îles. Le nombre de passagers a augmenté dans les aérodromes, gérés par le service d’Etat de l’aviation civile. Mais dans les aéroports territoriaux, le nombre de passagers a reculé de 1%.

L’an dernier, les îles ont été marquées par la grève à Air Tahiti qui a duré trois semaines en mai. Les compagnies aériennes internationales s’étaient organisées pour traiter les vols. Mais le programme des vols intérieurs a été « fortement perturbé », rappelle le rapport d’activité 2016 dressé par le service d’Etat de l’aviation civile. Les vols à destination des îles touristiques ont été maintenus tandis que ceux vers « les îles à très faible population – déjà faiblement desservies – » ont été annulés, note le rapport d’activité. « Ainsi, 70 à 80 % des passagers domestiques ont été transportés par Air Tahiti. »

Conséquence : le nombre de passagers a augmenté en 2016 à Bora Bora (+4.2%), à Raiatea (+1.5%) et Rangiroa (+6.3%). Ces trois aéroports sont des aéroports d’Etat. En revanche, les aéroports territoriaux, exploités par la Direction de l’Aviation civile de Polynésie française), ont vu leurs « résultats globaux sur l’ensemble des aérodromes enregistre(r) une baisse d’activité de -1.0% en nombre de passagers, de -16.3% en nombre de transits et de -2.4% en nombre de mouvements. « Ils sont dus, en grande partie, à la grève d’Air Tahiti de trois semaines en mai », analyse le service d’Etat de l’aviation civile.

La baisse la plus importante du nombre de passagers a été observée à Aratika qui a vu le nombre de passagers transportés en 2016 chuter de 30.8 % pourtant le nombre de mouvements commerciaux n’a baissé que 1.2%. Pour le maire de Fakarava Tuhoe Tekurio, dont dépend Aratika, cette baisse s’explique par la « chute de la nacre : le nombre de personnes qui travaillent dans les fermes perlières a beaucoup diminué« . Aujourd’hui, c’est essentiellement le coprah et la pêche qui font vivre les habitants de Aratika. Sur l’atoll, on trouve aussi une pension de famille. Mais pas facile d’y attirer les touristes alors qu’il n’y a qu’un seul vol par semaine (deux pendant les périodes de vacances scolaires). « Les gens hésitent à venir chez nous pour une semaine », confie Trinida, de la pension de famille Oterekia. « Du coup, je fais baisser mon tarif pour les convaincre. Beaucoup de touristes viennent ici pour la pêche ». Difficile pour cette pension de famille de ne vivre donc que des recettes de cette activité, Trinida et sa famille font donc aussi du coprah et de la pêche.

Une progression pour tous sauf Hawaiian Airlines
L'activité sur les aéroports territoriaux en baisse en 2016
« En termes de passagers, l’activité sur Tahiti-Faa’a est en hausse de 4.1% avec une progression de 4.5% du trafic international, et de 3.7 % du trafic domestique », décrit le rapport d’activité 2016 dressé par le service d’Etat de l’aviation civile. « Tous les transporteurs enregistrent une progression de leurs résultats, à l’exception de Hawaiian Airlines. Ces résultats proviennent d’une hausse de la fréquentation touristique et une reprise de la clientèle locale vers les îles. A l’international, Air Tahiti Nui transporte 66.4% des passagers internationaux, Air France arrive en deuxième position avec 13.9%. Air New Zealand affiche une progression de 9.1%. En trafic intérieur, de et vers les autres îles de Polynésie française, Air Tahiti progresse en termes de passagers transportés (3.7%) et en nombre de mouvements (5.7%) ».

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Carnet de voyage – Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…

Carnet de voyage - Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…
HIVA OA, le 23 mars 2017. Pour y aller, il faut un peu “ramer” reconnaissons-le : Teueto pourrait être le site archéologique le plus accessible de Hiva Oa (il est très proche du village de Atuona), mais, malheureusement, rien n’a encore été vraiment fait pour le mettre en valeur. Tahiti Infos, machette à la main, s’est donc enfoncé dans une brousse épaisse. Et nos efforts ont été récompensés…

Qui n’a pas rêvé, un jour, de jouer à Indiana Jones ? Pas de belles filles, pas de trésors et pas d’ennemis dans cette balade hors des senties battus, mais un très vif plaisir, celui d’être un peu un découvreur, façon Hiram Bingham parvenant aux ruines du Machu Picchu…

Un énorme rocher gravé
Après s’être enfoncé à pied dans la vallée de Tahauku (dans le prolongement du petit port de Atuona) sur environ deux kilomètres, on parvient, près de la rivière, au site de Teueto, parfois aussi orthographié Tehueto (sans doute à tort).

La première chose qui se dégage de l’omniprésente verdure est sans conteste un énorme rocher gravé ; longueur : 9,60 m, largeur : 3,40m pour une hauteur comprise entre 2,80m et 3,15 m.

Cet énorme bloc de pierre est un nouveau venu dans le paysage, à l’échelle de l’histoire, puisque ce sont des pluies diluviennes, remontant à 1983 seulement, qui l’ont fait glisser sur environ deux cent mètres, en le faisant pivoter. Heureusement, les pétroglyphes qui l’ornent sont toujours visibles, une douzaine de motifs bien apparents, dont des silhouettes anthropomorphes.

Des blocs de 2 à 3 tonnes
Un peu plus haut (merci au tranchant de la machette), se trouve un vaste complexe de ruines, même si la forêt le recouvre très largement. Le me’ae a été jugé spectaculaire par Catherine Chavaillon et Eric Olivier lorsqu’ils ont dressé l’inventaire des sites archéologiques de Hiva Oa et nous partageons leur point de vue. Malheureusement, des arbres massifs (Pisonia grandis notamment) encombrent l’espace et rendent l’observation de ces ruines difficiles. Le tohua est long de 55m, dominé par un formidable banian. Les blocs de pierres le composant pèsent facilement deux à trois tonnes pour certains, l’ensemble étant construit sur trois niveaux.

Aiguisage et polissage
Sur le premier niveau, une large surface de pierres (aujourd’hui disjointes) pouvait permettre la tenue de fêtes avec chants et danses. La façade du deuxième niveau est faite de blocs de 1,2m de hauteur ; on y distingue au moins deux têtes très endommagées de tiki, des pierres à aiguiser et une pierre comprenant des endroits précis pour aiguiser les herminettes, mais aussi un bassin plus large pour leur polissage minutieux.

Le troisième niveau est à peu près invisible ; au-dessus du banian, on distingue difficilement des murs bien construits délimitant une plate-forme de 13m par 6,50m, peut-être un espace sacré, peut-être un fort pour se protéger en cas d’attaque (l’arrière de la plate-forme étant isolé, donc protégé).

Une formidable excursion
D’autres structures de pierres existent encore tout autour du site qui devait, jadis, être très peuplé. Mais aucun travail de restauration n’a encore été mené sérieusement dans ce secteur. Au hasard de nos coups de machette, nous découvrirons même une pancarte explicative, que la végétation est malheureusement en train de dissoudre. Une preuve que les pouvoirs publics se sont intéressés, un jour, au potentiel du lieu, même s’il n’y a pas eu de suites.

Gageons que pour “booster” le tourisme à Hiva Oa, ceux qui le peuvent auront à cœur, un jour que l’on souhaite proche, de concourir à la mise en valeur de Teueto, qui serait une formidable excursion pour les touristes soucieux de découvrir le très riche passé de l’île…

Textes et photos : Daniel Pardon

Carnet de voyage - Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…

Carnet de voyage - Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…

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Les tarifs Séjours dans les îles
Carnet de voyage - Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…
Hôtel Hiva Oa Hanakee Pearl Lodge

Séjour 2 nuits à partir de 73 052 Fcfp/personne : vol + transferts aéroport + hébergement en bungalow + petit déjeuner américain + taxes. Nuit supplémentaire à partir de : 13 900 Fcfp/pers en demi-pension.

Jean-Jacques Boillet, directeur général et propriétaire (tel : 40 92 75 87. E-mail : hiva.oa.pearl@mail.pf)

Autres hébergements

Pension Temetiu Village, pension Kanahau, relais Moehau (de 56 000 à 61 000 Fcfp pour 2 nuits)

Les conseils Tahiti Infos

– Au prix de 13 900 Fcfp/ pers. la nuit supplémentaire, offrez-vous quatre ou cinq nuits sur place, on ne va pas aux Marquises tous les jours.

– Un peu de “Off” au bon moment, un peu de monoï aussi (pour les nonos) et vous passerez un séjour à Hiva Oa sans une seule piqûre.

-Le centre artisanal de Atuona est ouvert tous les jours du lundi au vendredi, de 8h30 à 17h et le samedi, de 8h30 à 12 h (faites-y au moins le plein de miel, il est délicieux).

-L’hôtel Hanakee Pearl Lodge s’est étoffé d’une pension le jouxtant, composée de trois bungalows aptes à recevoir 4 à 6 personnes chacun (la pension Joséphine). Une initiative à saluer, car petits groupes ou familles pourront s’offrir des séjours à prix réduits.

Une idée de programme
Premier jour : Visite de Atuona, avec son centre artisanal, le centre Paul Gauguin (peintures -des copies- récemment restaurées), les tombes de Gauguin et de Brel, et le site archéologique spectaculaire de Taaoa, à l’extrémité de la baie des Traîtres

Deuxième jour : Départ pour Puamau et ses tiki. La balade vous donnera l’opportunité de marquer des arrêts sur des points de vue magnifiques.

Troisième jour : Balade en bateau jusqu’à l’île voisine de Tahuata, distante de quelques milles marins (Vaitahu, Apatoni). L’île aux artisans !

Quatrième jour : retour sur la côte nord de Hiva Oa, vers les plages et villages de Hanaiapa et de Hanapaaoa (vous y verrez le tiki Moeore, le plus beau de l’île).

Cinquième jour : coup d’œil aux pétroglyphes et ruines de la vallée de Teueto, puis au “tiki souriant” (près de l’aéroport) avant votre décollage.

Carnet de voyage - Hiva Oa : Teueto, la vallée endormie…

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Quelques (bons) contacts
Pour des pahu sur commande :

Etienne Huukena (tel : 87 75 43 97)

Tuarae Gilbert Peterano (tel : 40 92 70 64 ou 87 76 72 84)

Artisans divers (pierre, bois, os, graines, paréos…) :

Etienne Mendiola, nom d’artiste Pakee (tel : 87 24 67 06)

Juana Scallamera (tel : 87 75 09 14)

Thierry Frébault

Norbert Mahea Huhina (tel : 87 21 11 40)

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Des tiki en savon… qui se font mousser!

Des tiki en savon… qui se font mousser!
MOOREA, le 23 mars 2017. Vendredi dernier, la classe de 6e2 du collège de Pao Pao s’est vu décerner un 1er prix au concours d’arts plastiques organisé par le Musée de Tahiti et des îles.

Dans le cadre de la présentation de son exposition temporaire Tiki, qui a eu lieu jusqu’au 19 mars, le Musée de Tahiti et des Îles, en partenariat avec la Direction générale de l’éducation et des enseignements, a organisé un concours d’arts plastiques ouvert à tous les établissements scolaires des 1er et 2nd degrés de la Polynésie française. Les œuvres des scolaires ont pris des formes très variées (dessin, peintures, sculptures) et ont été envoyées pour certaines de très loin, des Marquises et même de Hao…

Des tiki en savon… qui se font mousser!
La classe de 6e2 du collège de Pao Pao avait visité cette exposition en décembre dernier et a décidé de participer à ce concours.

Intitulée « Tiki Douche », l’œuvre des 6e2 du collège de Pao Pao de Moorea, était constituée de 24 savons sculptés réunis sous un robinet.



« La difficulté majeure était de réaliser une œuvre véritablement collective, c’est à dire dans laquelle chaque élève puisse s’exprimer à égalité. Ici chacun a sculpté une tête de Tiki, et ce sont toutes ces têtes rassemblées sous le robinet qui forment l’œuvre finale. En présentant ces petites têtes sculptées, toutes différentes, mais unies sur un même support, cette œuvre véhicule les valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de respect de l’altérité »
, confie Lise Colchide, professeure d’arts plastique du collège de Pao Pao. « Pour le choix des savons, l’idée était de s’initier à la sculpture sur un matériau suffisamment tendre pour être travaillé à l’aide de pointes de crayon, de cuillères et d’épluche-légumes, des outils peu onéreux et manipulables sans danger par les élèves. Le savon, participe aussi de façon détournée à souligner la fragilité de la mémoire du passé, d’où l’importance de faire vivre la culture locale pour éviter qu’elle ne fonde et ne s’émousse !… ».

L’ensemble des œuvres des scolaires et des particuliers sont présentées jusqu’au 19 mars 2017 face à la salle d’exposition temporaire du musée.

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Affaire de la vaisselle : Flosse échappe à une nouvelle peine d’inéligibilité en appel

Affaire de la vaisselle : Flosse échappe à une nouvelle peine d’inéligibilité en appel
PAPEETE, 23 mars 2017 – La cour d’appel de Papeete confirme, dans le délibéré rendu jeudi matin, les condamnations prononcées en première instance à l’encontre du couple Flosse-Haiti dans l’affaire de la vaisselle. Gaston Flosse, reconnu coupable du recel de détournement de biens publics, est condamné à 2 millions Fcfp d’amende mais échappe à une nouvelle peine d’inéligibilité.

Pascale Haiti, jugée coupable de détournement de biens publics, est condamnée à une amende de 1 million Fcfp.

La cour d’appel de Papeete confirme ainsi les condamnations prononcées en octobre 2016 par le tribunal correctionnel, dans cette affaire de détournement de biens publics.

Le dossier avait été porté devant la cour d’appel à la demande du parquet de Papeete. Le 9 février dernier, pour clore cette nouvelle évocation en justice, l’avocat général avait requis à l’encontre de Pascale Haiti 12 mois de prisons avec sursis et 2 millions de francs d’amende. Une peine de 12 mois de prison ferme, 2 millions de francs d’amende et 5 ans de privation des droits civiques, synonyme d’inéligibilité, avait été demandée à l’encontre du leader autonomiste, 85 ans.

L’affaire remonte à septembre 2014, lorsqu’au lendemain de la perte des mandats électifs de Gaston Flosse, suite à sa condamnation définitive dans l’affaire des emplois fictifs, sa compagne avait emporté un service de prestige en quittant la Présidence : de la porcelaine de Limoges, de l’argenterie Christofle et des verres en cristal, le tout pour une valeur estimée à plus de 6 millions Fcfp.

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Guirec et sa poule Monique prévoient de venir en Polynésie française

Guirec et sa poule Monique prévoient de venir en Polynésie française
PAPEETE, le 23 mars 2017. Guirec est un jeune navigateur de 24 ans qui réalise un tour du monde à bord de son voilier Yvinec, accompagné d’une poule rousse dénommée Monique. Dans un interview à 20 minutes, il annonce vouloir venir au fenua.

Pendant un an, le jeune Breton Guirec est parti faire le tour du monde en voilier. Aux Canaries, il a embarqué avec lui un compagnon peu commun : une poule dénommée Monique. Le duo s’est laissé emprisonner par les glaces du Pôle Nord pendant quatre mois.

Guirec a jeté l’ancre provisoirement à Vancouver. Le Breton pense déjà repartir. « Mi-avril si tout va bien, cette fois-ci, en direction du Pôle Sud », annonce-t-il à 20 Minutes. Une nouvelle aventure que le Breton prévoit de faire courir sur un an et demi. « La première étape serait de partir de Vancouver pour rallier les îles Marquises et passer quatre mois à explorer la Polynésie française. »

Cette fois, il sera accompagné de Monique la poule bien sûr mais aussi du chien Bosco, croisé Husky-Sutter Irlandais, « échangé contre une tronçonneuse », rapporte le journal 20 minutes.

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Apis Porinetia, un collectif d’apiculteurs pour protéger et structurer la filière sur le fenua

Apis Porinetia, un collectif d'apiculteurs pour protéger et structurer la filière sur le fenua
L’apiculture a de l’avenir en Polynésie, territoire encore indemne des maladies qui déciment les colonies d’abeilles à travers le monde. Plusieurs professionnels se sont regroupés en décembre dernier pour créer l’association Apiculteurs professionnels indépendants et solidaires de Polynésie (Apis Porinetia) pour protéger, développer et structurer la filière en plein essor. Rencontre avec Olivier Vergnet, le vice-président de l’association.

Apis Porinetia, un collectif d'apiculteurs pour protéger et structurer la filière sur le fenua
Pourquoi une association apicole et qui êtes-vous ?

Notre association, créée le 2 décembre 2016, a pour but de regrouper les acteurs professionnels de la filière apicole de Polynésie, suite à la mise en sommeil des structures précédemment existantes. Nous sommes actuellement une vingtaine de professionnels et une dizaine d’amateurs. Rainer Selam en est le président, Tanoa Buillard, Benjamin Declume, et Kalaï Selam composent le bureau. Nos membres sont des apiculteurs connus et respectés. Nous invitons les apiculteurs professionnels à nous rejoindre afin de défendre et représenter notre filière. Notre ambition est de structurer celle-ci, d’organiser et de valoriser notre activité, d’établir un cahier des charges des bonnes pratiques apicoles, de créer une dynamique qualitative, de devenir un interlocuteur privilégié auprès des organismes publics, de développer des partenariats avec les organismes scientifiques. Plusieurs d’entre nous sont formateurs auprès du Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricoles (CFPPA) sous la houlette de Christophe Bernard.

La Polynésie est-elle toujours un paradis pour les abeilles ?

Comme le répètent tous les experts venus depuis 6 ans, Gilles Fert et Antonio Pajuelo, à l’initiative du syndicat des apiculteurs, puis Jérôme Regnault de l’ANERCEA, Karyne Rogers (GNS NZ), « la Polynésie est épargnée par les maladies qui déciment les colonies dans le monde entier, vous avez un véritable Eden que vous devez protéger ». Je rappelle ici que le gouvernement en 2011 a interdit toute importation de matériel apicole, miel, cire, gelée, royale, abeilles, etc, afin de conserver à la Polynésie son statut exceptionnel de territoire exempt de maladies. Ensuite en août 2015, pour combler le déficit en miel, un quota annuel d’importation de 20 tonnes de miel ionisé ainsi que les cires ionisées ont été autorisés. Cette protection doit se prolonger surtout pour préserver les îles encore exemptes de loque comme aux Marquises et certaines iles des Tuamotu.

La loque américaine ?

La loque américaine, présente dans certaines îles depuis longtemps est très difficile à éradiquer mais il est possible de la contenir. A condition bien sûr d’avoir un comportement responsable. Il n’y pas de honte à avoir une ruche atteinte. La ruche doit être brûlée. L’Association APIS se veut solidaire de ses adhérents. Chacun s’engage à déclarer les cas de loque et à détruire ce qui doit l’être. Par solidarité les membres compensent les ruches détruites. Cette solidarité s’appliquera aussi en cas de pertes dues aux intempéries. L’action du territoire a été exemplaire à Tubuai . L’ile était complètement infestée par la loque. Aujourd’hui, grâce au professionnalisme des intervenants, le Service du Développement Rural (SDR), le CFPPA, et plusieurs d’entre nous, elle possède un cheptel sain et très productif. Ce qui n’est pas le cas de Tahiti et de Huahine ; pour des raisons de moyens, et malheureusement aussi à cause du comportement individualiste de quelques uns, qui font courir des risques sanitaires majeurs à l’ensemble du pays. Comme disait Ambre Van Cam (mars 2015), vétérinaire au SDR, « l’administration élabore la réglementation, constate les infractions, mais elle n’a pas le pouvoir d’appliquer les sanctions ». Cependant le pays a le pouvoir et le devoir absolu de maintenir les restrictions sur les importations de cire ionisées, afin de protéger les iles qui sont encore exemptes de la loque. Ce qui est à craindre par ailleurs et surtout c’est le Varroa, ainsi que Aethinia tumida, Troplilaelaps clarae et le frelon asiatique.

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Et l’importation de reines réclamée par certains ?

« Il est inutile d’importer des reines ou de la semence, il n’y a aucun problème de génétique en Polynésie », paroles des plus grands spécialistes, dont Gilles Fert, Jérôme Regnault. Certes la génétique, localement, permet de sélectionner des abeilles plus douces, plus productives, ayant des capacités sanitaires, non essaimeuses, et l’association s’emploiera à aider les apiculteurs adhérents en ce sens. Mais la réussite n’est pas tant liée à la sélection qu’à la capacité à bien conduire son rucher. Les preuves en sont, les couvains pleins à craquer des adhérents de APIS et ceux mis en place à Tubuai depuis 2014 en remplacement de ceux détruits.



Que pensez-vous de l’engouement pour l’apiculture et des formations proposées ?


L’effort de formation de la part des autorités, voulu pour créer une filière de production, commence à porter ses fruits. Mais il atteint aussi certaines limites. Les candidats sont nombreux mais il reste peu d’élus. Le retour n’est pas satisfaisant. L’apiculture est un vrai métier qui demande beaucoup de TRAVAIL, de patience, d’investissement personnel et financier, d’engouement. Beaucoup de polynésiens, jeunes ou préretraités, à l’idée de gagner leur vie ou de compléter leurs revenus se lancent à corps perdu. Et abandonnent rapidement, déçus, souvent parce qu’ils se retrouvent seuls. L’apiculteur s’apprend, chaque jour, à plusieurs, en partageant des connaissances. Cependant on s’aperçoit qu’en dehors des circuits de formation officiels proposés par le pays, de nombreux apiculteurs indépendants, motivés, réussissent relativement bien. En fait il y a des réglages à opérer pour sélectionner les personnes à former, ne faisons plus de volume, ciblons les personnes vraiment motivées.

Par exemple, comment ne pas être inquiet sur la valeur de formations au rabais par des organismes non agréés, en particulier pour les connaissances sur les pathologies ? Comment ne pas être inquiet de l’abandon dans la nature, par des débutants découragés, de ruches susceptibles de propager des maladies et en particulier la loque américaine?

Qu’est-ce que la Cellule de Défense Sanitaire Apicole ( C.D.S.A.) que vous allez créer ?

La création de la Cellule de Défense Sanitaire Apicole (C.D.S.A) est une mesure majeure du projet Apis Porinetia. Inspirée des G.D.S.A (Groupement de Défense Sanitaire Apicole) de métropole, elle à pour objet de garantir l’intégrité sanitaire des ruchers professionnels de l’association, en assurant une veille et des contrôles réguliers de ces exploitations apicoles. Face au développement constant du nombre de ruches ces dernières années et en l’absence d’organes de contrôle suffisants, les professionnels doivent se doter d’un outil capable de certifier le caractère sain de leurs colonies.

En respectant les préconisations sanitaires internationales en matière de lutte contre les pathogènes divers de l’abeille, en appliquant les mesures préventives et curatives et en sensibilisant les acteurs de la filière, la C.D.S.A contribue à valoriser l’action de ses membres. Notre crainte majeure est l’importation de reine ou d’abeilles porteuses du varroa. Actuellement, tout peut être importé sous le manteau. Certains individus irresponsables, voire criminels s’amusent à importer sciemment, malgré l’interdiction formelle, de la cire de Chine, non ionisée, moins chère, ou bien des reines en provenance de métropole. Les douanes ne sont malheureusement pas dimensionnées pour empêcher toutes les infractions. C’est de la pure inconscience. Nous souhaitons une tolérance « zéro ». Et nous agirons en tant que personne morale s’il le faut
.

A quels partenariats scientifiques pensez-vous ?

APIS veut développer les partenariats avec les organismes scientifiques pour mieux connaitre les particularismes de l’abeille locale, en particulier avec l’Université de Polynésie. Par exemple l’analyse des miels par un organisme comme le CETAM (Centre d’études techniques apicoles) va dans ce sens. Jusqu’à présent beaucoup d’avis ont été donnés aux politiques décideurs par des particuliers ayant des connaissances ou interprétations personnelles. Le souhait est désormais de s’appuyer sur des explications scientifiques, et des mises en contradiction, par des experts ou professionnels reconnus de l’apiculture ( Cetam , Fert, Anercea, Rogers, etc.).

Un label, pour quoi faire ?

La démarche d’APIS est aussi qualitative, afin de rassurer les consommateurs et de les protéger. Tant de malversations et tromperies sur la qualité des produits de la ruche, miel, gelée royale, « sirops » sont possibles. Nous souhaitons aboutir à l’obtention d’un label pour le miel des membres de l’association afin d’aider le consommateur et de faciliter les exportations. Nous ne craignons pas qu’il y ait trop d’apiculteurs et une surproduction locale car la demande internationale en produits sains existe et va s’amplifier. Tant que la Polynésie reste indemne du Varroa, travaillons et protégeons nous.

APIS veut rester indépendante des politiques ou ingérences commerciales ou autres. Sa démarche est collaborative, entre les scientifiques, les politiques, les apiculteurs professionnels et amateurs, afin de structurer et de protéger cette filière naissante qui peine à s’organiser.

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Apis Porinetia, un collectif d’apiculteurs pour protéger et structurer la filière sur le fenua

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L’apiculture a de l’avenir en Polynésie, territoire encore indemne des maladies qui déciment les colonies d’abeilles à travers le monde. Plusieurs professionnels se sont regroupés en décembre dernier pour créer l’association Apiculteurs professionnels indépendants et solidaires de Polynésie (Apis Porinetia) pour protéger, développer et structurer la filière en plein essor. Rencontre avec Olivier Vergnet, le vice-président de l’association.

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Pourquoi une association apicole et qui êtes-vous ?

Notre association, créée le 2 décembre 2016, a pour but de regrouper les acteurs professionnels de la filière apicole de Polynésie, suite à la mise en sommeil des structures précédemment existantes. Nous sommes actuellement une vingtaine de professionnels et une dizaine d’amateurs. Rainer Selam en est le président, Tanoa Buillard, Benjamin Declume, et Kalaï Selam composent le bureau. Nos membres sont des apiculteurs connus et respectés. Nous invitons les apiculteurs professionnels à nous rejoindre afin de défendre et représenter notre filière. Notre ambition est de structurer celle-ci, d’organiser et de valoriser notre activité, d’établir un cahier des charges des bonnes pratiques apicoles, de créer une dynamique qualitative, de devenir un interlocuteur privilégié auprès des organismes publics, de développer des partenariats avec les organismes scientifiques. Plusieurs d’entre nous sont formateurs auprès du Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricoles (CFPPA) sous la houlette de Christophe Bernard.

La Polynésie est-elle toujours un paradis pour les abeilles ?

Comme le répètent tous les experts venus depuis 6 ans, Gilles Fert et Antonio Pajuelo, à l’initiative du syndicat des apiculteurs, puis Jérôme Regnault de l’ANERCEA, Karyne Rogers (GNS NZ), « la Polynésie est épargnée par les maladies qui déciment les colonies dans le monde entier, vous avez un véritable Eden que vous devez protéger ». Je rappelle ici que le gouvernement en 2011 a interdit toute importation de matériel apicole, miel, cire, gelée, royale, abeilles, etc, afin de conserver à la Polynésie son statut exceptionnel de territoire exempt de maladies. Ensuite en août 2015, pour combler le déficit en miel, un quota annuel d’importation de 20 tonnes de miel ionisé ainsi que les cires ionisées ont été autorisés. Cette protection doit se prolonger surtout pour préserver les îles encore exemptes de loque comme aux Marquises et certaines iles des Tuamotu.

La loque américaine ?

La loque américaine, présente dans certaines îles depuis longtemps est très difficile à éradiquer mais il est possible de la contenir. A condition bien sûr d’avoir un comportement responsable. Il n’y pas de honte à avoir une ruche atteinte. La ruche doit être brûlée. L’Association APIS se veut solidaire de ses adhérents. Chacun s’engage à déclarer les cas de loque et à détruire ce qui doit l’être. Par solidarité les membres compensent les ruches détruites. Cette solidarité s’appliquera aussi en cas de pertes dues aux intempéries. L’action du territoire a été exemplaire à Tubuai . L’ile était complètement infestée par la loque. Aujourd’hui, grâce au professionnalisme des intervenants, le Service du Développement Rural (SDR), le CFPPA, et plusieurs d’entre nous, elle possède un cheptel sain et très productif. Ce qui n’est pas le cas de Tahiti et de Huahine ; pour des raisons de moyens, et malheureusement aussi à cause du comportement individualiste de quelques uns, qui font courir des risques sanitaires majeurs à l’ensemble du pays. Comme disait Ambre Van Cam (mars 2015), vétérinaire au SDR, « l’administration élabore la réglementation, constate les infractions, mais elle n’a pas le pouvoir d’appliquer les sanctions ». Cependant le pays a le pouvoir et le devoir absolu de maintenir les restrictions sur les importations de cire ionisées, afin de protéger les iles qui sont encore exemptes de la loque. Ce qui est à craindre par ailleurs et surtout c’est le Varroa, ainsi que Aethinia tumida, Troplilaelaps clarae et le frelon asiatique.

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Et l’importation de reines réclamée par certains ?

« Il est inutile d’importer des reines ou de la semence, il n’y a aucun problème de génétique en Polynésie », paroles des plus grands spécialistes, dont Gilles Fert, Jérôme Regnault. Certes la génétique, localement, permet de sélectionner des abeilles plus douces, plus productives, ayant des capacités sanitaires, non essaimeuses, et l’association s’emploiera à aider les apiculteurs adhérents en ce sens. Mais la réussite n’est pas tant liée à la sélection qu’à la capacité à bien conduire son rucher. Les preuves en sont, les couvains pleins à craquer des adhérents de APIS et ceux mis en place à Tubuai depuis 2014 en remplacement de ceux détruits.



Que pensez-vous de l’engouement pour l’apiculture et des formations proposées ?


L’effort de formation de la part des autorités, voulu pour créer une filière de production, commence à porter ses fruits. Mais il atteint aussi certaines limites. Les candidats sont nombreux mais il reste peu d’élus. Le retour n’est pas satisfaisant. L’apiculture est un vrai métier qui demande beaucoup de TRAVAIL, de patience, d’investissement personnel et financier, d’engouement. Beaucoup de polynésiens, jeunes ou préretraités, à l’idée de gagner leur vie ou de compléter leurs revenus se lancent à corps perdu. Et abandonnent rapidement, déçus, souvent parce qu’ils se retrouvent seuls. L’apiculteur s’apprend, chaque jour, à plusieurs, en partageant des connaissances. Cependant on s’aperçoit qu’en dehors des circuits de formation officiels proposés par le pays, de nombreux apiculteurs indépendants, motivés, réussissent relativement bien. En fait il y a des réglages à opérer pour sélectionner les personnes à former, ne faisons plus de volume, ciblons les personnes vraiment motivées.

Par exemple, comment ne pas être inquiet sur la valeur de formations au rabais par des organismes non agréés, en particulier pour les connaissances sur les pathologies ? Comment ne pas être inquiet de l’abandon dans la nature, par des débutants découragés, de ruches susceptibles de propager des maladies et en particulier la loque américaine?

Qu’est-ce que la Cellule de Défense Sanitaire Apicole ( C.D.S.A.) que vous allez créer ?

La création de la Cellule de Défense Sanitaire Apicole (C.D.S.A) est une mesure majeure du projet Apis Porinetia. Inspirée des G.D.S.A (Groupement de Défense Sanitaire Apicole) de métropole, elle à pour objet de garantir l’intégrité sanitaire des ruchers professionnels de l’association, en assurant une veille et des contrôles réguliers de ces exploitations apicoles. Face au développement constant du nombre de ruches ces dernières années et en l’absence d’organes de contrôle suffisants, les professionnels doivent se doter d’un outil capable de certifier le caractère sain de leurs colonies.

En respectant les préconisations sanitaires internationales en matière de lutte contre les pathogènes divers de l’abeille, en appliquant les mesures préventives et curatives et en sensibilisant les acteurs de la filière, la C.D.S.A contribue à valoriser l’action de ses membres. Notre crainte majeure est l’importation de reine ou d’abeilles porteuses du varroa. Actuellement, tout peut être importé sous le manteau. Certains individus irresponsables, voire criminels s’amusent à importer sciemment, malgré l’interdiction formelle, de la cire de Chine, non ionisée, moins chère, ou bien des reines en provenance de métropole. Les douanes ne sont malheureusement pas dimensionnées pour empêcher toutes les infractions. C’est de la pure inconscience. Nous souhaitons une tolérance « zéro ». Et nous agirons en tant que personne morale s’il le faut
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A quels partenariats scientifiques pensez-vous ?

APIS veut développer les partenariats avec les organismes scientifiques pour mieux connaitre les particularismes de l’abeille locale, en particulier avec l’Université de Polynésie. Par exemple l’analyse des miels par un organisme comme le CETAM (Centre d’études techniques apicoles) va dans ce sens. Jusqu’à présent beaucoup d’avis ont été donnés aux politiques décideurs par des particuliers ayant des connaissances ou interprétations personnelles. Le souhait est désormais de s’appuyer sur des explications scientifiques, et des mises en contradiction, par des experts ou professionnels reconnus de l’apiculture ( Cetam , Fert, Anercea, Rogers, etc.).

Un label, pour quoi faire ?

La démarche d’APIS est aussi qualitative, afin de rassurer les consommateurs et de les protéger. Tant de malversations et tromperies sur la qualité des produits de la ruche, miel, gelée royale, « sirops » sont possibles. Nous souhaitons aboutir à l’obtention d’un label pour le miel des membres de l’association afin d’aider le consommateur et de faciliter les exportations. Nous ne craignons pas qu’il y ait trop d’apiculteurs et une surproduction locale car la demande internationale en produits sains existe et va s’amplifier. Tant que la Polynésie reste indemne du Varroa, travaillons et protégeons nous.

APIS veut rester indépendante des politiques ou ingérences commerciales ou autres. Sa démarche est collaborative, entre les scientifiques, les politiques, les apiculteurs professionnels et amateurs, afin de structurer et de protéger cette filière naissante qui peine à s’organiser.

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Papouasie: 122 accusés au procès du lynchage de sept « sorciers »

Papouasie: 122 accusés au procès du lynchage de sept
Sydney, Australie | AFP | jeudi 22/03/2017 – Une centaine d’accusés ont plaidé non coupable, mercredi en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au début du procès du lynchage en 2014 de sept personnes soupçonnées de sorcellerie, selon la presse locale.
Deux enfants de trois et cinq ans avaient notamment été découpés en morceaux par une foule hystérique armée d’arcs et de flèches, de haches et de couteaux, rapporte jeudi le Post Courier. 
Au total, 97 des 122 accusés ont plaidé non coupable d’homicides volontaires. Les autres, qui avaient été libérés sous caution, ne se sont pas présentés à l’ouverture des débats devant le tribunal national de Madang, dans le nord du pays.
Les faits remontent au 14 avril 2014, quand des habitants de six villages s’étaient rassemblés pour aller régler leur compte à plusieurs personnes accusées de sorcellerie, et réfugiées dans un village nommé Sakiko, rapporte le journal The National en citant la police.
Cinq adultes avaient successivement été tués par la foule, par des flèches ou des coups de couteau et de hache, poursuit The National en citant la lecture de l’acte d’accusation par le président du tribunal, le juge David Cannings.
Plusieurs des victimes avaient été démembrées, le corps de l’une d’elle incendié.
« Deux enfants de trois et cinq ans avaient été arrachés des bras de leur mère et découpés en morceaux », précise le Post Courier, qui parle du « plus grand procès du pays relatif à une affaire de sorcellerie ».
Les croyances en la sorcellerie et la magie noire restent très répandues dans ce pays pauvre du Pacifique, dont certains habitants ne croient pas que les malheurs de la vie puissent avoir des causes naturelles.
De nombreuses ONG militent pour une plus grande fermeté dans les affaires judiciaires impliquant les croyances en la sorcellerie.
Une partie de l’opinion avait été particulièrement choquée en 2013 par la révélation de l’assassinat barbare d’une jeune femme de 20 ans accusée de sorcellerie, qui avait été dévêtue, arrosée de pétrole et brûlée vive devant la foule.
Le Post Courier rapportait alors qu’elle avait été accusée d’avoir tué un garçonnet de six ans par sorcellerie. La police aurait été empêchée d’intervenir par la foule, ajoutait le quotidien.
Après ce lynchage, le gouvernement avait supprimé la loi de 1971 qui avait fait de la sorcellerie un délit. Ce texte prévoyait aussi des circonstances atténuantes pour les auteurs d’agressions ou de meurtres, s’ils soupçonnaient leurs victimes de s’être livrées à la sorcellerie.

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Australie: deux incidents en six jours pour une compagnie aérienne régionale

Australie: deux incidents en six jours pour une compagnie aérienne régionale
Sydney, Australie | AFP | jeudi 22/03/2017 – Un appareil de Regional Express (Rex) a effectué jeudi un atterrissage d’urgence après que son pilote eut été contraint d’éteindre un de ses moteurs, six jours après qu’un autre avion de cette compagnie australienne eut perdu une hélice en plein vol.

L’appareil qui transportait 23 passagers a dû faire demi-tour pour se poser en urgence sur l’aéroport de Dubbo, en Nouvelle-Galles du Sud, d’où il avait auparavant décollé à destination de Sydney, a indiqué la compagnie qui n’opère que des vols intérieurs.
« Cela faisait 10 minutes que nous étions partis de Dubbo », a raconté à l’Australian Broadcasting Corporation Tim Evans, un passager. « Soudain, il y a eu un bruit très fort et l’avion a tremblé », a-t-il dit, « mon siège se trouvait à côté du moteur et j’ai vu des flammes sortir ».
« Il y a ensuite eu un autre bang, des secousses, et j’ai vu des étincelles sortir du moteur. En voyant l’hélice, j’ai vu que le moteur s’était arrêté », a-t-il poursuivi.
L’appareil était un Saab 340, du même type que celui impliqué dans un autre incident vendredi dernier qui aurait pu avoir des conséquences très graves.
Le pilote de cet avion avait, en raison d’indications « anormales », éteint un des deux moteurs avant que son hélice ne se détache carrément de l’appareil. 
Il avait pu poser l’avion à Sydney.
Une enquête de l’aviation civile a été ouverte sur cet incident.
Dans un communiqué, Rex, qui a cloué au sol six appareils présentant les mêmes caractéristiques moteur que celui qui a perdu son hélice vendredi, a affirmé que les deux incidents n’avaient aucun lien.
La compagnie, qui compte 55 appareils, opère chaque semaine 1.500 vols sur 58 destinations en Australie.

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Au Pérou, les fortes pluies érodent aussi l’économie

Au Pérou, les fortes pluies érodent aussi l'économie
Lima, Pérou | AFP | jeudi 22/03/2017 – Les fortes pluies qui s’abattent sur le Pérou ces derniers jours ont provoqué le blocage des routes, l’effondrement de ponts et d’une partie de la principale voie ferrée, portant un rude coup à l’une des économies les plus dynamiques de la région.
Depuis janvier, le phénomène climatique El Niño, en réchauffant la température de la mer, qui s’évapore et donne lieu à de fortes pluies dans les Andes, provoquant inondations, avalanches et coulées de boue, a causé la mort d’au moins 79 personnes au Pérou, dont une trentaine cette dernière semaine, selon le dernier bilan des autorités.
Plus de 100.000 habitants ont tout perdu et quelque 620.000 autres ont subi des pertes matérielles. 
Le pays avait déjà connu des épisodes similaires en 1925, 1983 et 1997, se souvient l’ex-ministre de l’Industrie et de l’Economie, Guido Pennano. 
Au début des années 1980, les inondations et les épidémies qui s’en étaient suivies avaient fait 9.000 morts au Pérou, où le produit intérieur brut (PIB) avait alors chuté de 11,6%. Celles de 1997-1998 avaient tué 500 personnes et contracté le PIB de 6,2%.
« L’impact de ce phénomène (en cours) sur la production est très proche de celui de 1983 (…) l’agriculture du nord et ses exportations sont touchées, le secteur minier et la pêche vont souffrir. Ce sont les trois secteurs qui animent l’activité productive du pays », explique l’ancien ministre à l’AFP.
L’activité économique du Pérou, l’une des plus solides d’Amérique latine, a connu une croissance de 3,9% en 2016, profitant d’une production record dans le secteur minier (cuivre, argent et fer), l’un de ses principaux moteurs.
Pour 2017, le gouvernement a dû revoir à la baisse ses prévisions officielles de croissance, à 3,8%, à cause du scandale de corruption Odebrecht, le géant brésilien du BTP qui a soudoyé hommes politiques et fonctionnaires dans plusieurs pays d’Amérique latine. A la clé, un impact négatif sur l’économie du Pérou: plusieurs projets attribués au groupe doivent en effet être vendus ou soumis à nouveau à appel d’offres.
 

– ‘Affecter les exportations’ –

 
Le pays andin est le deuxième producteur d’argent, le troisième de cuivre et le cinquième d’or. En 2016, l’ensemble de ses exportations a cru de 7,6%, avec 1,7 milliard de dollars d’excédent commercial à la clé. Mais à l’heure actuelle, plusieurs routes et ponts sont coupés, ainsi que la principale voie de chemin de fer, par où transite la production minière vers les ports afin d’être exportée. 
« L’infrastructure du chemin de fer central a subi d’importants dommages et nous allons avoir besoin de temps pour réparer (les voies) », a reconnu le ministre de l’Energie Gonzalo Tamayo.
Des interruptions des voies de communication qui pourraient « affecter les exportations », juge l’économiste Gonzalez Izquierdo. 
A cause des problèmes d’approvisionnement, des rayons vides étaient visibles dans les supermarchés de certaines villes, comme à Trujillo, à 570 kilomètres au nord de Lima. 
Par ailleurs, le Pérou, plus grand producteur mondial de farine de poisson, pourrait également être affecté par le réchauffement de l’océan le long de ses côtes, faisant fuir certaines espèces. Sans oublier que ses principales zones de pêche destinées à l’exportation se trouvent dans le nord, la région la plus touchée par les intempéries.
Certains spécialistes relativisent, en soulignant qu’après une catastrophe naturelle, on assiste à un effet rebond, grâce à la reconstruction des infrastructures. 
Mais cela « ne fait que réparer les dommages (…) Une route dévastée est reconstruite. Mais vous n’avez pas deux routes, c’est toujours la même route », explique M. Izquierdo, qui conteste cet théorie.
Selon lui, si les pluies se calment et ne se poursuivent pas en avril, l’impact pourrait se limiter à 0,3 points de pourcentage du PIB. Mais si les intempéries continuaient, se pourrait être bien pire.
« Il faudra essayer de reconstruire au plus vite, pour relancer » l’économie, conclut l’ex-ministre Pennano. 

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