Cette start-up française qui vient s’installer à Tahiti

Cette start-up française qui vient s'installer à Tahiti
PAPEETE, le 25 juin 2017 – La start-up française imaKumo a ouvert un bureau à Tahiti il y a un an. Elle y emploie déjà 17 collaborateurs et continue de recruter à tour de bras. Les atouts de notre fenua : être un territoire français avec 12 heures de décalage horaire avec l’Europe. Ou quand le numérique permet à notre faiblesse de devenir une force…

Qui aurait cru que la Polynésie française pouvait attirer une star de la high tech européenne ? Pourtant imaKumo, une start-up française créée en 2012, a décidé d’ouvrir un bureau au fenua l’année dernière, après en avoir ouvert à Singapour et dans cinq pays européens.

imaKumo est un spécialiste de l’informatisation des « process » en entreprise. Elle propose des services hébergés dans le « Cloud » qui permettent de faciliter la gestion de l’entreprise, de son réseau commercial ou la collaboration dans ses équipes. C’est un peu technique, mais ça marche : l’année dernière, elle était dans les 150 entreprises européennes en plus forte croissance et elle compte déjà la moitié du CAC40 dans ses clients… Et ce moteur de la croissance numérique française a ouvert un bureau à Arue, à Tahiti, l’année dernière.

Notre atout n’est pas la plage mais le câble et le décalage horaire

Cette start-up ne vient pas en Polynésie pour notre climat, nos paysages ou pour notre petit marché intérieur. Ce qu’elle veut, c’est profiter de notre décalage horaire pour poursuivre son activité en continu. Elle veut un bureau prêt à servir ses clients de la côte ouest américaine ou de l’Asie quand ses développeurs français rentrent chez eux. Elle veut pouvoir avancer sur un projet urgent en journée continue, répondre à ses clients même la nuit dans les renvoyer vers un centre d’appel au Maroc, ou encore avoir des techniciens sur le qui-vive en continu en cas de problème critique…

imaKumo est la première entreprise importante du secteur à avoir sauté le pas. Notre câble international Honotua, l’annonce de la construction d’un autre câble vers les Samoa (Manatua) et l’arrivée de la fibre optique chez les abonnés leur ont assuré l’année dernière que le minimum vital pour leur industrie était satisfait. Ils font un pari sur notre avenir : pour rester en France même au milieu du Pacifique, ils hésitaient avec la Nouvelle-Calédonie. Un des critères qui a fini par les convaincre est l’avantage fiscal existant pour les entreprises exportatrices, qui leur permettra de ne pas payer d’impôt localement sur leur chiffre d’affaires réalisé hors du Territoire… Mais comme ils l’expliquent les deux cofondateurs, en visite en Polynésie pour voir leur équipe, la Polynésie a encore de gros investissements à réaliser dans ses infrastructures et dans la formation. Trop peu de nos jeunes sont formés aux métiers du numérique, et même ceux qui le sont ne sont pas toujours formés dans les technologies utilisées au quotidien dans ce secteur.

Sécuriser notre connexion internet et former les jeunes

Des inquiétudes auxquelles le ministre du Numérique, Jean-Christophe Bouissou, a tenté de répondre lors de leur rencontre. « Je me suis engagé, dans le cadre d’une collaboration avec l’OPT, à ce qu’ils puissent continuer à travailler même en situation dégradée s’il venait à y avoir un problème sur notre accès international. Nous avons aussi beaucoup parlé des questions de formation. Car on sent bien qu’il y a un fort besoin de recrutement de techniciens qualifiés, par exemple des codeurs et d’autres métiers de ce secteur. On s’aperçoit que ce n’est pas évident de trouver des Polynésiens qui soient déjà formés, ou parfois ils ont une formation bac+4 ou bac+5 mais ils nécessitent encore une formation un petit peu plus poussée sur les technologies et les outils qui sont utilisés » explique le ministre.

Mais il affirme que le gouvernement travaille sur la création de sessions de formations et même de nouvelles filières adaptées avec la CCISM (Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers) et les autres institutions de formation. imaKumo a aussi rencontré les lycées pour parler des programmes des BTS, de l’apprentissage et d’autres formes de collaboration.

Une urgence car, comme l’explique Vincent Guiheneuc, « nous voulions recruter 12 personnes dans l’année, finalement nous en avons 17 et nous voudrions être à 20. Notre entreprise continue de croître donc ça pourrait encore doubler… » Pour lui, la logique qui a poussé imaKumo à s’installer à Tahiti pourrait conduire d’autres entreprises du secteur à sauter le pas, jusqu’à créer en Polynésie des centaines d’emplois très qualifiés chaque année. Une elle opportunité… à condition que les débits continuent d’augmenter et qu’il y ait des gens à recruter.

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde

La 30e édition du Te Aito aura permis aux concurrents des différentes catégories de se jauger avant les premiers championnats du monde de va’a marathon prévus cette semaine à Pirae, sur le site d’Aorai Tini Hau. C’est Kévin Céran-Jérusalémy qui s’est imposé dans la catégorie reine devant Damas Ami et Manutea Million, offrant un triplé au club Shell Va’a. Hinatea Bernadino s’impose chez les femmes alors qu’Hikutini Chevalier gagne chez les vétérans. Un événement en partenariat avec Tahiti Infos.

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde
Les organisateurs du Te Aito, Charley Maitere et Mara Aitamai et ceux des championnats du monde Reynald Temarii le conseiller spécial et Jean Chicou le président du comité organisateur local (COL), collaborent depuis plus d’un an en vue des championnats du monde de va’a marathon qui auront lieu cette semaine à Pirae et des championnats du monde de vitesse qui auront lieu en 2018, toujours à Pirae.
 
On a pu voir pour la première fois la mise en place d’une grande « fan zone » à l’emplacement de l’ancienne salle d’Aorai Tini Hau avec également quelques innovations au niveau de la course, notamment la mise en place d’un couloir de sécurité entre les « bateaux suiveurs » et les pirogues engagées pour éviter les interférences entre bateaux et pirogues.
 
Sur le Te Aito, des contrôles anti-dopage ont été mis en place. Selon Gordon Barff, membre de la fédération tahitienne de va’a, « Les tests urinaires ont été demandés par les organisateurs. Les cinq premiers au moins de chaque catégorie ont été testés avec des tests visant surtout le pakalolo et l’ice. Pour l’instant, ils sont tous négatifs. Pour les championnats du monde, les tests seront plus approfondis, ils seront envoyés en métropole. »
 
On est passé ainsi d’une organisation liée au milieu associatif à une organisation plus professionnelle avec la création de la société Te Aito Events. Ce qui a été mis en place pour la 30e édition du Te Aito bénéficiera également aux championnats du monde de va’a marathon qui vont se dérouler cette semaine. Pas moins de 30 pays sont présents à travers plus de 200 athlètes étrangers inscrits.

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde
Des « kids », des femmes, des vétérans et du para va’a
 
Après les courses des « kids », vendredi, la course des femmes a réuni plus de 80 participantes. Le départ a été donné au large et Hinatea Bernadino a rapidement pris la tête de la course. La multiple championne du monde de va’a vitesse n’a laissé aucune chance à ses adversaires en établissant par la même occasion un nouveau record en s’octroyant une 9e victoire d’affilée.
 
Toujours chez les femmes, à noter l’excellente performance de Marguerite Temaiana qui arrive 2e au scratch et qui est 1e de la catégorie vétéran, devant Tea Lorfèvre. La course des vétérans homme elle s’est déroulée samedi matin et c’est Chevalier Hikutini qui en est sorti grand vainqueur en 40 et +, devant Rauhiri Varuahi et Teriimana Mapuhi. Roland Teahui s’impose dans la catégorie 50 ans et +, devant Joseph Hikutini et Milton Laughlin.
 
Rudolphe Bernadino s’impose en + de 60 ans et le spécialiste de la pirogue à voile Teraupo Richmond montre qu’il sait également ramer en terminant le parcours de 15 km en 1H38, il est le seul dans la catégorie + de 70 ans. En para va’a, c’est l’Australien Paul Langley qui s’impose devant les deux Néozélandais George Thomas et Wayne Trott.

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde
La catégorie reine remportée par Kévin Céran-Jérusalémy
 
Le départ de la catégorie reine, la catégorie open homme, a été donné samedi à 14H. Plus de 400 pirogues V1 étaient alignées au départ qui a été donné au large de la baie du Taaone en direction de la pointe Vénus. Le départ a été quelque peu laborieux et chaotique. En 2018, les travaux de la pointe Vénus seront finis et le départ pourra y être donné, comme chaque année.
 
Kévin Céran-Jérusalémy n’a pas rapidement pris la tête de la course. Au moment de contourner le « Toa Hiro », la patate située au niveau de la plage de la Pointe Vénus, il était à la 4e place derrière le jeune Revi Thon Sing, Damas Ami et Paia Tamaititahio. Joann Cronsteatd est alors 5e. Kévin va faire son effort dans la « descente » en bénéficiant de la petite houle arrière. Lui qui se dit « moyen en tout », et donc pas vraiment spécialiste du surf, va réussir à prendre la tête de la course avant la dernière boucle en lagon.
 
Plus personne ne pourra revenir sur lui. Damas Ami fait à nouveau une forte impression en s’assurant la 2e place. Le jeune Manutea Million s’offre une belle 3e pace, il devance le Super Aito 2016 Tutearii Hoatua 4e, Paia Tamaititahio 5e, Yoann Cronsteadt est 6e. On retrouve plus loin Revi Thon Sing 8e, Kevin Kouider 9e et Maxime Pani 10e.

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde
Une répétition générale avant les championnats du monde
 
Le champion de kayak Hiromana Florès est 11e, Taaroa Dubois est 12e, le n°1 néozélandais Tupuria King est 14e. Le vainqueur 2013 Rete Ebb arrive à la 18e place et Steeve Teihotaata, une autre grosse pointure d’Edt Va’a vainqueur de l’épreuve en 2012 arrive 22e. Cette édition s’est faite par temps calme sur un parcours avec moins de parties au large qui n’a donc pas profité aux spécialistes du surf.
 
Le public a répondu présent à l’appel des organisateurs. Si le nouveau parcours et les conditions climatiques ont désavantagé les spécialistes du surf au large, il a permis au public d’assister au spectacle grandiose du passage des athlètes tout le long de la baie du Taaone. Le public à terre a pu ainsi encourager les rameurs.
 
Le Te Aito précède les premiers championnats du monde de va’a marathon qui se dérouleront au même endroit tout au long de la semaine. Le public pourra profiter gratuitement de la Fan Zone mise en place qui comporte divers stands proposant fitness/initiation au surf, initiation et concours de danse, jeux, écran géant pour suivre la course, restauration, concerts avec également des stands liés au matériel de va’a. SB

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde

Va’a V1 – Te Aito 2017 : Le Te Aito, prélude des championnats du monde

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Donner un coup de neuf à son moteur avec le décalaminage par hydrogène

Donner un coup de neuf à son moteur avec le décalaminage par hydrogène
PAPEETE, le 25 juin 2017 – Ludovic a créé fin 2016 son entreprise de décalaminage à l’hydrogène, une solution innovante pour nettoyer un moteur encrassé sans avoir à le démonter. Une opération simple et peu coûteuse qui diminue la consommation de carburant , réduit les vibrations, régénère les performances et augmente la durée de vie de vos véhicules.

Il y a 3 ans, Ludovic Belin découvrait le décalaminage à l’hydrogène, une nouvelle technique permettant de décrasser un moteur à moindre coût. Avec l’aide de son partenaire Auguste Teatoto (mécanicien réputé sur la côte Ouest) ils se sont perfectionnés et avaient justement le rêve de créer cette entreprise, de passer à l’action avec un projet innovant et bon pour l’environnement. Ludovic n’y connaissait rien à la mécanique, mais peu importe : il a quitté son travail de commercial, s’est formé pendant ces années avec son coéquipier, a trouvé des investisseurs… Pour enfin lancer HHO Tahiti en novembre 2016.

Il avoue que le démarrage est difficile, mais la passion brûle dans son regard quand il parle de son nouveau métier : « ce traitement va nettoyer en profondeur tout le haut moteur, jusqu’à l’échappement, sans rien démonter. Nous intervenons en enrichissant avec de l’hydrogène l’admission d’air pendant que le moteur tourne. Après l’explosion (dans un moteur à essence) ou la combustion (moteur diesel), le moteur crée un solvant naturel qui l’aide à brûler les dépôts de calamine. Cet outil intervient sur de nombreuses pièces coûteuses comme turbo, soupapes, chambre de combustion, vannes EGR, pot catalytique, filtre à particules… Pour faire court, c’est les trois-quarts de problèmes moteurs évités en un nettoyage. On retrouve les performances d’origine du moteur, supprime les fumées noires, atteignons jusqu’à 40% d’économie de carburant et près de 54% des émissions de gaz polluants en moins dans l’air ! »

« L’encrassement des moteurs est un problème majeur ici »

Donner un coup de neuf à son moteur avec le décalaminage par hydrogène
Un résultat qui semble miraculeux, qui s’explique selon Ludovic par le mode d’utilisation d’un véhicule sur une île : « l’encrassement des moteurs est un problème majeur ici parce qu’on ne roule pas assez, et pas assez vite. On ne fait tout simplement pas assez de route pour désencrasser naturellement nos moteurs. À partir de 13 560 francs TTC pour une petite cylindrée allant jusqu’à 2 litres, on nettoie le moteur en profondeur et on évite de nombreux défauts mécaniques et électroniques. En préventif nous arrivons à éviter de nombreux désagréments permettant de diminuer les coûts d’entretien et préserver le pouvoir d’achat. On préconise ce traitement pour tous les moteurs thermiques, auto, moto et bateau, mais la technique pourrait aussi s’appliquer aux groupes électrogènes ou aux grues. »

Au niveau technique, il explique que les seules matières premières dont il a besoin, c’est de l’eau et un peu d’électricité… « Le décalaminage par hydrogène utilise l’électrolyse (NDLR : extraire l’hydrogène de l’eau déminéralisée avec un courant électrique qui sépare les molécules H2O de l’eau en hydrogène, H2, et oxygène, O). Nous travaillons avec le leader français dans le domaine, Flexfuel Company. En tant que pionnier dans ce secteur d’activité, la firme française propose de nombreuses solutions performantes, fiables , sécurisées et utiles pour le fenua. Nous sommes équipés du meilleur équipement de Polynésie, le modèle Hy-Calamine 1000S. En ce moment Auguste s’occupe de faire découvrir le procédé et desservir les îles Marquises, Nuku Hiva et Ua pou). Nous avons envoyée le matériel par avion pour répondre à la forte demande des îles. L’équipement sera bientôt de retour sur Tahiti. »

La société n’est pas très âgée mais elle a déjà signée plusieurs partenariats avec les garagistes et concessionnaires de la place, intéressés eux aussi par cette technique qui se répand comme une traînée de poudre en Europe et aux États-Unis. La Team HHO Tahiti propose ses services au garage de Paea ou se rend directement chez les particuliers partout à Tahiti, avec bientôt des sessions à Moorea. Et ce n’est qu’un début car Ludovic, passionné par les technologies de l’hydrogène, a encore bien d’autres projets dans sa besace. À suivre !

Contacter HHO Tahiti

Téléphone : Ludovic Belin au 87 715 610 ou Auguste Teatoto au 87 345 074

Facebook : page « HHO Tahiti »

Atelier : Dans l’enceinte du « garage de Paea » (pièces détachées)

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Bulibasha : le Patriarche maori

Bulibasha : le Patriarche maori
PAPEETE, le 24 juin 2017 – Avec Bulibasha, roi des gitans, l’écrivain maori Witi Ihimaera livre un tableau tout à fait authentique des clans de tondeurs de moutons dans les années 1950. Véritable saga familiale sur trois générations, ce roman historique dépeint avec authenticité et sens critique la rivalité entre deux familles maories, sur fond de division raciale, sociale et culturelle avec les pakeha, alors grands exploitants et propriétaires domaniaux.

Si son surnom de Bulibasha (« roi des gitans » en roumain) lui colle parfaitement à la peau, ce n’est pas sans mérite que le grand-père Tamihana le porte fièrement. Redouté et admiré de tous dans la communauté de Waituhi, au pays du long nuage blanc, cet ancien athlète à la force inégalée, à la carrure impressionnante et à la poigne de fer, règne avec autorité sur la lignée familiale dans l’activité du clan. Seul Simeon, fils du dernier fils de Bulibasha, ose s’élever contre l’organisation immuable de la famille et l’autorité tyrannique du patriarche.

Un authentique tableau de l’arrière-pays maori en plein XXe siècle.

C’est en 1920 que l’intrépide Tamihana Mahana parvient à convaincre la Banque de Nouvelle-Galle du Sud de lui accorder un prêt pour lancer son affaire familiale : des équipes mobiles spécialisées dans la tonte de moutons. Associé à la famille Whatu, les équipes se déplacent de ferme en ferme le temps des tontes. Tranche de vie rurale au cœur de paysages hors des sentiers battus, on y découvre un arrière-pays plein de charmes : les courses de chevaux, les vallées à perte de vue, les abeilles au milieu des forêts…

Le professionnalisme et le sérieux des équipes de Bulibasha (quatre en 1950, sous la responsabilité de chacun de ses quatre enfants) lui valent de détenir le service de tonte le plus important de toute la baie de la Pauvreté. Enfin presque, car une seule équipe était comparable : celle du clan de Rupeni Poata, de Hukareka. Et ce n’est pas sans raison que les deux familles se vouent une haine réciproque depuis tant d’années… Au fil des événements rythmant la vie de la famille élargie et ponctuant les rivalités au sein de la communauté maorie, on découvre les relations unissant ou opposant chaque génération et chaque clan. Notamment au cours de l’événement annuel majeur : le grand Prix de la Toison d’or, où s’affrontent les équipes des deux clans et où la haine s’envenime d’année en année…

Une saga familiale sur fond de clivage culturel et social

Si le développement des exploitations de laine prit un essor inédit au début du XXe siècle en Nouvelle-Zélande, il va sans dire que les équipes de tonte étaient la clé du succès des exploitants pakeha. La rapidité d’exécution, le soin porté à l’animal et à la laine, ainsi que la qualité de son ramassage et de son tri, assuraient la pérennité des exploitants et de l’export international. Toutefois, la violence et les ravages engendrés par les spoliations de terres au profit des pakeha durant le siècle précédent n’ont pas laissé indemnes les communautés maories restantes. « Les Pakeha avaient imposés leur langue sur toutes les pancartes. Le Pakeha était toujours le chef. »

Dépossédées de leurs terres, de leurs coutumes et de leurs traditions, nombre de familles se sont alors tournées vers la religion. Si la vie au sein de la famille Mahana suit un ordre strict, ancré dans un cadre profondément religieux, les principes mormons sont pourtant en tous points étrangers aux traditions maories. Le lien de subordination omniprésent au sein même de la famille Mahana n’est-il pas le reflet de la population maorie, spoliée de ses terres ancestrales, réduite à un lien de subordination exercé par les Pakeha ?

Le poids des traditions… et du silence

Mais ces rapports bouleversants tout autant qu’affectueux dans cette famille ne parviennent pas à faire plier le Patriarche. Le silence pour « garder la face« , préserver l’honneur de la famille et honorer le mana du chef. Figure emblématique respectée de tous, il faudra attendre qu’il rende l’âme pour qu’enfin, les masques tombent, les langues se délient et que la vérité éclate au grand jour. Une vérité occultée, passée sous silence pendant trop longtemps, mais dont le fardeau humiliant n’est pas si facilement oublié. « Il devint en réalité encore un plus grand homme dans la mort que dans la vie. »

Car par-delà les apparences de réussite et d’unité familiale où l’Amour fécond transcende toute autre préoccupation, la violence conjugale fait pourtant rage, attisée par des sentiments de haine et de jalousie, qui de tout temps ont opposés les deux chefs de clans ennemis : Tamihana Mahana et Ropeni Poata. Le développement des personnages et des rapports complexes qu’ils entretiennent suit un rythme tout à fait maîtrisé et l’humour est, comme souvent chez Witi Ihimaera, très présent pour dépeindre les rivalités familiales et communautaires qui s’affrontent pour le prestige, le pouvoir et une certaine forme de liberté.



Witi Ihimaera, de la plume à la toile

Écrivain prolifique, Witi Ihimaera fait figure de pionnier dans la littérature maorie avec Tangi en 1973. Il publie ensuite The Matriarch (1986) et The Whale Rider (1987), traduit en France sous le titre Paï et décliné en album jeunesse (Éd. Au vent des îles). C’est avec cet ouvrage, traduit en une vingtaine de langues et adapté au cinéma en 2003, qu’il se fait connaître du public international.

En 2016, le réalisateur Lee Tamahori (L’âme des guerriers, adaptation du roman d’Alan Duff) s’attaque cette fois à l’adaptation du roman Bulibasha, roi des gitans sous le titre Mahana. Le long-métrage, à la qualité exceptionnelle — tant par le jeu des acteurs que pour les paysages à couper le souffle, exaltés par le choix de cadrages somptueux — a été diffusé en version sous-titrée en français, pour la première fois, lors du 11e Festival Rochefort Pacifique, où il a reçu un accueil des plus enthousiastes !

Bulibasha : le Patriarche maori
Pratique

Bulibasha, roi des Gitans, de Witi Ihimaera, publié en 1994, est récompensée par le Wattie-Montana Book Award (un des prix littéraires les plus prestigieux de Nouvelle-Zélande) pour la version originale ; traduit en 2009 par Mireille Vignol, éditions Au vent des îles.

Plus d’informations l’ouvrage :

Découvrez un extrait

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Va’a V1 – 30e Te Aito : Kévin Céran-Jérusalémy remporte son 4e titre d’affilée

La 30e édition du Te Aito a été remportée ce samedi par Kévin Céran-Jérusalémy. Le rameur émérite de Shell Va’a remporte ainsi son 4e Te Aito d’affilée. Le club Shell Va’a s’offre un triplé puisque Damas Ami est deuxième et Manutea Million est 3e. On retrouve en 4e place Tutearii Hoatua, le Super Aito 2016, et en 5e place Kyle Taraufau, le rameur du team Air Tahiti.

Va’a V1 – 30e Te Aito : Kévin Céran-Jérusalémy remporte son 4e titre d’affilée
Alors que vendredi Hinatea Bernadino s’est imposée dans la course open femme de 15 km, c’est au tour de Kévin Céran-Jérusalémy de s’imposer dans l’épreuve reine du Te Aito, la course open homme de 25 km. La course s’est déroulée sur une mer calme et avec un soleil au beau fixe.
 
Kévin n’a pas pris tout de suite la tête de course. Le départ a été donné au large devant la baie du Taaone. Les pirogues sont parties en direction de la pointe Vénus, Kévin a viré au « Toa Hiro », la patate de corail de la Pointe Vénus, en 4e position. Il a accéléré au retour, dans la phase de surf, pour prendre la tête de course au niveau de la baie du Taaone.
 
Plus personne n’a pu ensuite le rattraper. L’ambiance était sympathique et le public a répondu présent à l’appel des organisateurs. La 30e édition du Te Aito précède les championnats du monde de va’a Marathon qui se dérouleront la semaine prochaine. En remportant cette victoire, Kévin Céran-Jérusalémy conforte sa position de grand favori pour le premier titre de champion du monde de va’a marathon de l’histoire du va’a de compétition.
 
Pas moins d’une vingtaine de tests anti-dopage ont été effectués sur les différentes catégories à la demande des organisateurs. Tous se sont révélés pour l’instant négatifs. La course des juniors se déroulera ce dimanche après midi. Diverses animations ont été mises en place au niveau de la fan zone située à l’emplacement de l’ancienne salle d’Aorai Tini Hau.

Du côté des vétérans, c’est Hikutini Chevalier qui s’est imposé. SB

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Réunion : tout savoir sur le monarque de Tahiti

Réunion : tout savoir sur le monarque de Tahiti
PAPEETE, le 24 juin 2017 (COMMUNIQUE) – La SOP a le plaisir d’inviter ses membres à la prochaine réunion du Groupe de Gestion Participative du Monarque de Tahiti qui se tiendra à la salle Hibiscus de l’Hôtel Intercontinental Tahiti Resort, le mardi 27 juin 2017 à partir de 17h.

La SOP souhaite ainsi remercier et informer les différents réseaux de bénévoles qui depuis plus de 4 ans s’impliquent sur ce programme, ainsi que les propriétaires des vallées et les parrains des Monarques. MĀURUURU à tous et au plaisir de vous rencontrer mardi soir !

En photo, un jeune monarque de Tahiti bagué en mars 2017 et attendant impatiemment (comme d’autres) son parrain ou sa marraine ! Les informations sur le programme de parrainage seront données sur place à ceux qui le souhaitent.

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Un week-end pour fêter l’orange à Punaauia

Un week-end pour fêter l'orange à Punaauia
PAPEETE, le 24 juin 2017-Une cinquantaine de porteurs d’oranges ont défilé, samedi matin, pour l’ouverture de la fête de ce fruit, emblématique de la commune. La saison de la cueillette est ouverte jusqu’au 4 septembre prochain.



Beaucoup de monde s’était rendu à la mairie de Punaauia samedi matin pour l’ouverture d’un week-end placé sous le signe de l’orange, de la terre et de la mer.

La commune aux oranges a célébré son fruit en grande pompe sur le thème Te fenua o te Moana, comme le veut la coutume.

Les cueilleurs de fruits sont montés, lundi sur le plateau des orangers dans la vallée de la Punaruu pour débroussailler le chemin. Ils étaient près de 200 cueilleurs cette année pour cette première récolte. De retour avec un butin de près d’une tonne de fruits, ils étaient une cinquantaine à défiler pour l’ouverture de la Fête de l’orange, vers 9 h 30 samedi matin.

Un week-end pour fêter l'orange à Punaauia
Pour la récolte 2017, les cueilleurs d’oranges estiment pouvoir cette année encore ramener de 3 à 4 tonnes de ce fruit emblématique de Punaauia. La saison est ouverte jusqu’au 4 septembre prochain. Les oranges sont ensuite vendues par glane (20 à 25 fruits) au prix de 3000 Fcfp cette année.

Jusqu’au 1er juillet, la population est invitée à venir découvrir les produits artisanaux qui seront exposés dans les jardins de l’Hôtel de Ville. Différents ateliers et concours sont prévus pour animer cette semaine au sein du Village.

Randonnée au plateau des orangers
Un week-end pour fêter l'orange à Punaauia
Du 14 juillet au 3 septembre, le sentier des orangers est ouvert au public. Des randonnées sont organisées par l’association des porteurs d’oranges moyennant une rétribution de 1000 Fcfp par randonneur (âgé de plus de 15 ans).

Renseignements : Maurice Barsinas, trésorier de l’association (tél. : 87 20 04 15)

Le programme de juin et juillet
Un week-end pour fêter l'orange à Punaauia
28 juin : 18h00 UPA ANANI à l’hôtel de ville

1er juillet : 09h à 17h concours de Pêche en haute mer sur le site de Vaipoopoo

05 au 09 juillet : 09h à 17h Edays à la plage Vaiava du pk 18

22 juillet : 09h à 17h Mateina’a Va’a

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Une violoniste évoque en musique les essais nucléaires britanniques en Australie

Une violoniste évoque en musique les essais nucléaires britanniques en Australie
Washington, Etats-Unis | AFP | samedi 24/06/2017 – Avec son morceau « Maralinga », une violoniste évoque sous un jour nouveau les essais nucléaires secrets du Royaume-Uni en Australie après la Seconde Guerre mondiale, pour lesquels des aborigènes avaient été déplacés.



Lara St. John essaie d’attirer l’attention sur ce pan d’histoire dans une version orchestrale qui sera jouée pour la première fois mardi aux Etats-Unis, à l’occasion d’un concert gratuit dans Central Park à New York.

Le Royaume-Uni, qui cherchait à devenir une puissance nucléaire après la Seconde Guerre mondiale, a mené 12 essais nucléaires majeurs en Australie et des centaines d’autres moins importants avec l’aval du Premier ministre australien Robert Menzies.

La plupart de ces essais ont eu lieu à Maralinga dans le sud du pays, où la majorité des aborigènes ont été déplacés alors que ceux qui sont restés ont été exposés à des niveaux de radiation dangereux.

Ce morceau de 11 minutes écrit par le compositeur australien Matthew Hindson est marqué par l’énergie du violon et une musique évoquant la violence des essais atomiques.

Il s’inspire aussi à un moment d’un chant aborigène de la région.

« Beaucoup de gens ont la chair de poule en s’asseyant », fait valoir la violoniste d’origine canadienne.

Maralinga a déjà inspiré des musiciens comme les rockeurs australiens Midnight Oil et Paul Kelly, ou les Britanniques du groupe Yes.

Pourtant certains jeunes australiens ne savaient rien des essais nucléaires quand la violoniste a joué devant eux. « J’ai senti que ce morceau en lui-même allait apprendre pas mal de choses aux jeunes australiens (…) comme à moi », confie la musicienne de 46 ans à l’AFP dans son appartement de Manhattan.

La violiniste, qui aime jouer des compositeurs contemporains comme Matthew Hindson en les mêlant à des morceaux plus connus, a découvert la musique rom à l’âge de 11 ans, et ce fut pour elle un tournant.

Au début des années 2000, elle interprète pour iTunes des concertos de Bach qui connaissent un grand succès, avant d’adapter la musique des Balkans dans deux albums en 2014 et 2015.

« C’est tout ce que je veux vraiment. Personne ne fait de la musique classique pour gagner de l’argent. C’est pour l’art et faire des choses qui dureront éternellement ».

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Miss Tahiti 2017 : Turouru Temorere est la nouvelle reine de beauté

Miss Tahiti 2017 : Turouru Temorere est la nouvelle reine de beauté
PAPEETE, le 23 juin 2017 – La Polynésie a choisi sa nouvelle ambassadrice en la personne de Turouru Temorere. Ses première et deuxième dauphines sont respectivement Hinatea Blais et Tehani Blanc, et Hina Natua a été sacrée Miss Heiva. La nouvelle reine de beauté représentera le fenua lors de l’élection de Miss France 2018, le 16 décembre prochain.

C’est dans une ambiance « Belle époque » que les dix vahine purotu ont défilé, hier soir, dans les jardins de la mairie de Papeete. Une soirée de toute beauté, aux couleurs du Quinn’s, présentée par Jean-Pierre Foucault, l’emblématique animateur, et Hinarere Taputu, Miss Tahiti 2014. Comme à l’accoutumée, les milliers de personnes présentes ont encouragé leurs candidates préférées, scandant leur nom ou leur numéro le plus fort possible. Lors des différents passages, le plus remarqué et apprécié a été encore, bien évidemment, celui en maillot de bain, dévoilant davantage les silhouettes sculptées des jeunes femmes. De son côté, le jury présidé par Poehere Hutihuti Wilson, Miss Tahiti 2010, et composé de neuf autres personnalités, dont des sportifs de haut niveau, a eu bien du mal à départager les prétendantes au titre de Miss Tahiti 2017.

C’est finalement Turouru Temorere qui a été sacrée reine de beauté de cette 57e édition. Vaea Ferrand, la lauréate 2016, lui a passé le flambeau en lui remettant l’écharpe ; un moment toujours émouvant après une année de règne. Hinatea Blais et Tehani Blanc ont été élues respectivement première et deuxième dauphines. Quant à Hina Natua, elle a été choisie comme Miss Heiva. Leslie Timau (Miss Marquises), elle, a reçu le prix du costume pour sa magnifique tenue végétale. Enfin, Mareva Domby a eu le prix « coup de coeur » des Polynésiens.

Miss France 2018 : rendez-vous le 16 décembre prochain
Miss Tahiti 2017 : Turouru Temorere est la nouvelle reine de beauté
Désormais, notre nouvelle ambassadrice polynésienne compte parmi les 30 candidates en lice pour l’élection de Miss France 2018. Après la Polynésie en 2015, puis l’île de La Réunion, l’année dernière, c’est un nouveau séjour ensoleillé qui les attendent, puisque les plus femmes de France partiront, « à l’automne », à Los Angeles pour leur voyage d’intégration et de préparation au concours de beauté. Elles seront accompagnées par Alicia Aylies, Miss France 2017. Au programme : les déserts de Greater Palm Springs avec ses oasis et saloons américains, Hollywood avec ses étoiles et studios de cinémas, Venice Beach pour une balade en rollers… C’est tout le glamour de la Californie que les Miss découvriront ainsi.

Après cette escapade chez l’oncle Sam, elles rejoindront la ville de Châteauroux, dans le Centre de la France, qui accueillera pour la première fois l’élection de Miss France 2018. L’événement se tiendra le 16 décembre 2017, dans la salle « Mach 36″ de Châteauroux-Déols, et sera présenté par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier. Qui aura l’honneur de remplacer Alicia Aylies ? Après trois titres de première dauphine et deux écharpes de deuxième dauphine, notre nouvelle Miss Tahiti portera-t-elle la couronne en 2018 ? Réponse dans un peu moins de six mois…

Miss Tahiti 2017 : Turouru Temorere est la nouvelle reine de beauté

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti

Election de Miss Tahiti 2017 : piratage de notre compte Facebook

Election de Miss Tahiti 2017 : piratage de notre compte Facebook
Ce soir, vers 18h30, un message est apparu sur notre page Facebook, indiquant les résultats de l’élection Miss Tahiti 2017.

Ces résultats sont bien évidemment faux.

Il s’agit, sans doute, d’un piratage de notre compte Facebook.

Nos journalistes et photographes sont sur le terrain à l’heure actuelle, à la mairie de Papeete, pour assister à l’élection de Miss Tahiti.

Nous prions tous nos lecteurs de nous excuser pour ce problème technique.

Rendez-vous sur le site de Tahiti Infos pour suivre les résultats de l’élection, en temps et en heure.

Tahiti-Infos, le site N°1 de l’information à Tahiti